Sites média en Tunisie : nourrir l’intox pour se nourrir


Comment certains sites média tunisiens gèrent leurs informations :

Un jour, il y a eu un bruit qui a couru, comme quoi il y avait une rumeur qui courait, et qui disait qu’il semblerait qu’on est entendu dire qu’il y avait un sac trouvé dans un salon de thé et qui n’appartiendrait à personne. Ceci est largement suffisant pour que des nos chers sites de news nous sortent des articles “une bombe découverte à la Marsa”.

Et voilà quelques résultats :

Une seule conclusion : du populisme du 1er degré qu’on trouve chez certains facebooker propagandistes. Pour ces sites, tous les moyens sont bons pour avoir plus de visites et plus de clics sur les pubs de leurs sites.

Je commence à croire que la rumeur, en Tunisie, est devenue une institution ou culture, que certains sites ont commencé à lui donner des normes et des clauses. La rumeur aurait bientôt son code de déontologie. On la crée, la nourrit, on l’officialise (grâce à ce fameux “selon des sources du ministère”). Ceci fait en sorte que nous, les tunisiens, soyons de plus en plus hypercritiques envers tout en Tunisie, et que nous ne croyions à rien.

Mais qu’on arrête ! Le journalisme demande un peu de professionnalisme et d’objectivité avant tout !

Est-il temps de classer les média en Tunisie selon leur respect du code journalistique ? Je pense que oui.

I blog, think big ! (this is not a lesson)


Dear friends,

By writing blog notes, I am only trying to share my true convictions, not to show people that I have some.

I may not have that inspring success story of mine to talk about, but I deeply think that the majority of fresh grads behave like slaves, because they think that a lil bit of technology knowledge can grant them a great life, when it comes to entrepreneurship, the real success is in creating business opportunities and in networking very well is the real success.

I may be wrong in some points and some ideas, but I am totally convinced that we, in my country, don’t know what we really want in this life and the most of us, just few months after graduation, will look for the same poor tunisian dream to realize : a wife, a car and a house (the WCH).

My dears, life is bigger than this loser’s choice, life deserves more from us, it’s about changing things we have to look for. How dare we quit this all life years unseen ?!

Best luck !

Feel free to contact me. I found this interesting course about general finance, just enrol, and let’s study together ! It’s online, open and free !

about.me, le site qui unifie notre image sur internet


Durant les deux dernières années, les réseaux sociaux se sont explosés. Les 20 premiers réseaux ont dépassé largement le 1 milliard d’utilisateur unique par mois, et la majorité des gens et des entreprises a plus qu’un profil en ligne. Deux questions qu’on pose donc : comment rassembler toutes les informations sur nous et ainsi avoir une seule identité digitale ? Et comment booster l’image d’une association, société ou notre profil personnel avec cette multitude de réseaux sociaux ?

Bref, About.me (prononcé About-dot-me) est le site qui sait nous présenter au monde.

Cet article a été publié dans le numéro 5 (Septembre 2013) du magazine « Culture Geek .tn ». 

C’EST QUOI ?

About.me est un service de « hosting » (hébergement) personnel fondé par Ryan Freitas, Tony Conrad et Tim Young en Octobre 2009. Il permet aux internautes de faire une page web pour se présenter d’une façon trop rapide avec un service all-inclusive pour lier tous les comptes sur les différents réseaux sociaux.

LE SITE EN DÉTAIL

Voilà, le site offre une plateforme simple qui lie ses utilisateurs à leurs comptes sur facebook, Flickr, Google+, Linkedin ou autre ainsi que leurs sites web. Donc, chaque utilisateur dispose de une seule page pour mettre une biographie abrégée, des liens vers ses différents comptes et sites sur internet, son contact (email, adresse et téléphone) et une photo de background à customiser par l’utilisateur-même.
En s’inscrivant donc, le site propose de faire une bonne page à nous. Pour le background, on peut choisir une photo à partir de d’un de nos comptes sociaux ou à partir du PC. Egalement, on éditer notre biographie (Nom, Parcours, Localisation, Profession, Cursus académique). Sur notre page, on peut lister nos comptes sur les 30 réseaux sociaux le plus répandus au monde. Finalement, il nous permet aussi d’ajouter des liens vers vos sites références.
Le site a un aspect social comme les réseaux sociaux, car les gens peuvent interagir pour aimer et partager une page en général ou un aspect particulier d’elle tel qu’un joli background, créativité, biographie bien rédigé, etc.
Nous pouvons explorer le site en faisant des recherches sur des profils par compétence ou par lieu, sinon le site expose en permanence une liste des profils modèles. Donc, nous pouvons créer une collection de pages pour nos amis et des pages intéressantes pour la visiter de temps en temps ou pour entrer en contact permanent avec ses propriétaires.
About.me propose quelques fonctionnalités payantes. On peut avoir des cartes de visite identiques à notre page pour 5$ max. Sinon avec un compte premium coûtant 4$ par mois, on aura un site personnel avec notre nom sur le domaine « .com » avec un contenu identique à celui de notre page. Sinon, on peut ajouter Google Analytics, le feature Pioneer de Google pour les statistiques sur internet.
Pour les développeurs, le site propose un SDK complet avec une documentation super détaillée pour les aider à intégrer le site avec leurs applications et profiter ainsi du grand nombre de propriétaires de pages et de visiteurs de pages sur le site.

POURQUOI UTILISER ABOUT.ME ?

About.me permet de créer une page personnelle qui pointe les utilisateurs sur les références web et les mots-clés qu’on a choisis pour nous décrire. Il sert donc à éviter une recherche Google sur nous qui peut afficher des liens non intéressants ou qui nous dégrade la réputation) et avoir la possibilité de savoir combien de personnes ont visité votre profil et le lieu de provenance de chaque visiteur.
En dehors du site, et pour bien optimiser l’utilisation de notre page sur le site, about.me nous aide à créer une image unique à nous quand on ajoute notre page à nos comptes sur les réseaux sociaux ou sites et en la partageant régulièrement. Egalement, nous pouvons « embedder » notre page dans notre blog ou site. Il y a même un widget spécial pour ajouter notre page à notre blog WordPress ! Pour les professionnels qui galèrent à cause d’une signature email trop chargée, un simple lien vers sa page suffira à remplacer la quasi-totalité de son contenu !

LES CHIFFRES DU SITE : UN RECORD DIFFICILE À BATTRE !

Durant la période béta du site, c’est-à-dire depuis sa première mise en ligne en 2009 et jusqu’au 16 décembre 2010, la date de son lancement officiel, le site avait 400.000 comptes enregistrés.
La surprise venait le 20 décembre 2010, soit donc 4 jours seulement après le lancement du site au public, about.me a été racheté par le géant AOL pour le prix de $1.3 millions de dollars américains (2 millions de dinars tunisiens).

En février 2013, Tony Conrad (co-fondateur du site) a racheté de nouveau la majorité des actions de la société auprès de AOL. Selon lui, Il n’y avait aucun avantage dans l’acquisition du site par AOL, et about-dot-me ne collait pas au business model de celui-là. Voilà, le site est devenu une startup de nouveau ! Et en tant qu’ancien utilisateur du site, je peux vous garantir que ça buzze depuis !

AUJOURD’HUI

Cette année, About.Me a déjà gagné un bon sponsoring de la part des grands investisseurs au Silicon Valley en Californie, à savoir : True Ventures, Radar Partners, Freestyle Capital, Scott Kurnit, AOL Ventures, David Mahoney, Founder Collective et Ron Conway.

En juin 2013, 0.06% des utilisateurs d’internet visitent about-dot-me chaque jour. La majorité de ces visiteurs ont entre 25 et 35 ans. Le site est classé 3000e au monde en nombre de visites mensuel et chaque visiteur y passe 3 minutes en moyenne chaque jour. Dans le top 10 pays où le site est populaire on trouve (par ordre décroissant de popularité) : Philippines, Qatar, Inde, Espagne, Canada, Australie, Grande Bretagne et Etats-Unis. En Tunisie, on est à quelques centaines de pages seulement.

MAIS…

Même si son design un peu « responsive » et simple le sauve en lui accédant à partir d’un browser d’un Smartphone, un tel site aurait plus de visiteurs s’il avait une application Android qui va avec. En effet, le site dispose d’une application iPhone/iPad via laquelle nous pouvons utiliser toute les fonctionnalités du site pour customiser notre page ou interagir avec les autres pages. Mais, en sachant que la majorité des Smartphones ou des tablettes a Android comme système, et en tenant compte de l’aspect simple du site, l’absence d’une application dédiée sur le Google Play Store laisse à désirer. En cherchant la réponse dans le volet « Help » du site, on nous appelle à profiter de l’SDK proposé (cité précédemment dans l’article) pour créer une bonne application Android pour About.me (voilà donc une idée pour les fans du développement Android donc). Sinon, pour les professionnels classiques qui préfèrent toujours un Blackberry et qui constituent une cible pour le site, une application sur Blackberry OS fera l’affaire.

http://about.me/farkao

Animer une communauté au service d’une marque de luxe


Pour faire suite à l’art, le luxe s’envisage comme un art de vivre. Loin de résumer à une somme de produits, il implique également une certaine relation aux clients. Aussi les objets et services s’accompagnent-ils de délicates attentions et d’un égard constant pour le client qui – plus encore qu’ailleurs – est roi. A cet égard, les liens entretenus avec la communauté de happy fews se doivent d’être plus forts et plus intenses. Ce qui est en jeu n’est pas une transaction mais plutôt une manière d’être, la possibilité de demeurer toujours dans un état de beauté et d’exception. Le community manager dans ce contexte doit se fondre dans ce milieu et en épouser les règles. Mieux, il soit s’en faire l’ambassadeur et ainsi mener sa communauté.

Le luxe est affaire d’image et d’attentions donc. De goût aussi, partant de prescription. La rue à cet égard n’est plus seulement une source d’inspiration pour les créateurs elle influence désormais le marché. Longtemps pionniers dans ce domaine, The Sartorialist a depuis fait des émules aux quatre coins du monde et jusqu’en France, avec par exemple Garance Doré. Certaines maisons de luxe parmi les plus innovantes dans les médias sociaux ont intégré ceci dans leur communication, à l’exemple de Burberry avec son Art of the Trench.

burberry-the-art-of-trench

Le site est un savant mélange de photos saisies sur le vif par The Sartorialist, des passants et de photographes. La mode se découvre riche et variée. L’occasion est donnée à chacun de revisiter le trench, de le photographier, de le commenter, de l’aimer et de le partager par le biais de facebook. La communauté entière devient influenceuse. Le plus souvent toutefois, les influenceurs restent des happy fews, une sorte d’élus comme le dit Eric Briones (Darkplanneur), choisis par les community managers, qui agissent comme des apôtres au service de la marque. La hiérarchie est alors bien marquée que dans les autres communautés, et les échanges plus intéressés. Les influenceurs comme les community managers posent toutefois des conditions aux marquent qu’ils mettent en avant, afin de toujours communiquer à leur manière et d’offrir à leurs communautés une forte valeur ajoutée. C’est le cas, par exemple, de Fubiz en France sur des marques de luxe telles que Veuve Clicquot, ou de Monocle en Angletrre qui éditorialise la présence de nombre de sponsors, notamment sous la forme de podcasts.

Le luxe a ceci d’unique qu’il attire sur lui énormément de lumière et entretient dans le même temps une culture du secret et parfois de l’effacement. En ceci les marques ont chacune leur principe, leur catéchisme pour ainsi dire, qui veut qu’Hermès par exemple communique de façon différente de Dior ou encore de Chanel. Le community management  reprend à l’identique ce catéchisme et se voit entièrement défini par lui, ce qui explique à quel point il échappe à toute définition, dans ce milieu plus qu’ailleurs.

via Mathieu CHEREAU

Animer une communauté autour d’une œuvre


On est de plus en plus attachés à la démocratisation culturelle. Si aujourd’hui bon nombre d’élites politiques en ont fait leur deuil, les institutions mettent néanmoins en oeuvre des politiques des publics volontaristes (en France, le discours du Louvre à cet égard est assez représentatif). Elles investissent davantage dans les initiatives à l’égard de différents publics et dans des ressources de médiation culturelle. Elles sont toutefois confrontées à une évolution des usages. L’expérience culturelle évolue à la faveur de l’émergence de nouveaux écrans. La culture n’est plus consommée de la même façon et les œuvres d’hier doivent être recontextualisées pour touches des publics plus jeunes, moins disposés à aller à leur rencontre. C’est à présent aux œuvres de venir à eux.

 

Dans ce contexte, animation de communautés se conjugue avec médiation culturelle. Animer ne signifie plus seulement initier des conversations mais également susciter des expériences culturelles et accompagner ceux qui souhaitent prolonger cette expérience en ligne. Tout l’enjeu du community manager est de faire en sorte que l’expérience culturelle ne subisse pas le même sort que la plupart des contenus culturels sur Internet, trop souvent consommés, rarement digérés.

via Mathieu CHEREAU

Animer une communauté autour d’un programme transmédia


A mi-chemin entre les médias et la culture, certaines œuvres audiovisuelles s’envisagent sur plusieurs médias qui contribuent chacun à leurs compréhension globale (approfondir le sujet ici). Ces œuvres transmédias offrent par leur nature plusieurs portes d’entrée au public pour rentrer dans les histoires : vidéo sur mobile, texte sur un blog, image sur facebook; épisode TV, question sur twitter, etc. Concevoir uene oeuvre transmédia, c’est planifier plusieurs parcours possibles de manière à laisser le spectateur déambuler librement entre les médias et avancer dans l’histoire.

Seulement planifier une oeuvre transmédia permet juste d’en préparer la production et de pouvoir mieux se concentrer le moment venu sur l’accompagnement du public. Contrairement à un programme audiovisuel classique ou à un film, une large partie de l’oeuvre transmédia est presque produite en même temps que diffusée. Ceci permet d’avoir de manière presque immédiate la réaction du public en fonction de l’évolution des histoires et d’adapter ces dernières en conséquences c’est à la fois dans ce travail de production et d’adaptation qu’interviennent les community managers : ils commentent, relancent, modèrent, endossent des rôles différents, exposent les règles, assistent les membres du public les plus à la traîne, défient ceux le plus en avance. Leurs rôles sont alors particulièrement variés puisque viennent d’ajouter aux compétences évoques ci-dessus une bonne connaissance des projets transmédias, un certain talent d’improvisation pour interagir avec le public dans le cadre narratif défini par le(s) auteur(s) et une expérience du design de jeu pour engager le public dans l’histoire, varier ses plaisirs et le surprendre.

Labes.tnPour avoir suivi ce type d’expérience de près, il me semble intéressant de revenir sur les deux cas prévis de deux séries transmédia. La première est l’émission Labes produite par Cactus et diffusée sur Ettounsiya (vous pouvez trouver la présentation et le speech du responsable du community management sur ce lien).

La deuxième série est FDP (Faits Divers Paranormaux) produite par Happy Fannie. S’étalant sur près de 4 mois, le projet aura requis un grand nombre d’actions de community management :

  • écriture d’articles ou de commentaires au nom de personnages fictifs;
  • diffusion de vidéos, d’appels à témoignages et de lancement de défis;
  • monitoring pour cerner la manière dont l’univers est compris, perçu et traité;
  • analyse d’indicateurs pour identifier les communautés et les relais d’influence;
  • accompagnement des publics : explication des règles, incitation à participer de différentes manières, gestion des réfractaires;
  • création de systèmes de renvois entre les différents points de présence sur les médias sociaux;
  • organisation de réunions de communautés dans la réalité.

Si le community manager transmédia commence par jouer des personnages, sa mission est de parvenir à faire jouer le public progressivement et à l’inviter dans l’univers, au point d’en faire un agent qui participera à son expansion en créant des histoire, en invitant ses amis…

L’animation de communauté nécessite au final une somme significative de compétences et requiert une connaissance approfondie des problématiques et des communautés propres à chaque domaine. Mais ces compétences ne sont rien si vous n’avez pas d’emblée une intelligence globale des communautés. Ces dernières peuvent participer à la vie de l’entreprise en la faisant évoluer dans tous les aspects de sa communication, de son offre et de sa culture. C’est sur la base de ce postulat que vous pourrez tirer parti de vos interactions avec elle et devenir ainsi pour votre organisation à la fois un vecteur de progression et un facteur de changement.

avec la collaboration de Mathieur CHEREAU

Animer une communauté autour d’une information ou des médias


Le community management au sein d’une chaîne de TV ou dans la presse papier est une exercice délicat. Cela implique d’être directement confronté au public, à ses réactions, prises à parties, commentaires – constructifs ou non. Avant l’avènement du web, les média avaient le monopôle de la parole. Ils sont aujourd’hui amenés à la partager, au jour le jour, avec un public réactif, parfois critique et militant. Les informations ont cela de délicat qu’elles se consomment dans l’instant et peuvent se répandre de manière virale. D’où la nécessité de rester vigilant et de participer à la parle qui entoure l’information, de laisser libre court aux réflexions tout en limitant autant que possible les écarts d’interprétation ou de parole.
Le community manager journaliste est à la fois garant d’intégrité de l’information mais aussi de la qualité de ce que la communauté produit autour de cette information. Cela implique de consacrer une part de temps importante à susciter, à modérer et éditorialiser les contenus produits par le public, qu’il s’agisse de commentaires ou articles envoyés (c’est le cas lorsque médias accueillent des “citizen reporters” ou invitent leurs lecteurs à prendre une part active dans la création du journal).
En France, des initiatives pointent le bout de leur nez dans la presse écrite avec par exemple Mediapart ou encore Rue 89 et l’Info à trois voix. Les journalistes écoutent davantage, sélectionnent les documents et éditorialisent les opinions. Dans un tout autre registre, des médias plus spécialisés comme SkyRock ont du tirer remarquablement partie des blogs en continuant, comme ils le faisant déjà sur leur radio, à donner largement la parole à leur public.

Le média d’opinion est par là revisitée. Les journalistes, dans ce cadre, sollicitent, distribuent et ordonnent la parole. Sur leurs médias, leurs comptes facebook ou twitter, ils s’improvisent community managers en interagissant avec une communauté qu’ils appréhendent peu à peu comme un prolongement d’eux-mêmes. Aux Etats-Unis, certains médias cont plus loin encore, à l’image de Current TV, qui ne diffuse que des programmes conçus par une large communauté de producteurs et réalisateurs.

CNN est également exemplaire dans son rapport à la communauté : appels à témoignages par le biais de ireport et à l’action par le biais d’impact. Dans ce contexte, CNN ne se contente plus de diffuser simplement l’information mais devient une chambre de résonance dans laquelle le public communique directement et devient le premier acteur de l’information.

CNN Impact

Le community management, dans ce cas, se trouve à mi-chemin entre le travail de journaliste (qui vérifie, produit et ordonne le contenu) et celui du médiateur dont la tâche est de rendre compte des réactions du public et de la position du journal par rapport à elles. Les médias étant aujourd’hui bien plus participatives, la médiation est revisitée par le community manager, qui fait ce travail au jour le jour de manière minutieuse et continue.

via Mathieu CHEREAU

Animer une communauté au service d’une cause politique ou d’une ONG


La politique est plus largement les causes défendues par les ONG se prêtent  des méthodes de community management particulières axées sur :

  • Le ciblage de communautés très spécifiques, susceptibles de relayer les messages.
  • La diffusion et l’explication d’idées auprès du plus grand nombre, pour sensibiliser de nouveaux publics.
  • La mise en place de collaborations avec d’autres entités proches (partis ou ONG) et des partenaires (médias, organisations, figures populaires).

Animer des communautés pour servir une cause implique d’être extrêmement transparent (car l’activité des organisations repose souvent sur les dons) et de participer activement aux conversations de la communauté, pour répondre le cas échéant à ses questions, communiquer, expliquer et défendre de nouvelles idées.

Au delà de ces tâches relativement classiques, de nouvelles apparaissent qui tentent d’impliquer plus directement et immédiatement le public.

La première consiste à assigner aux membres les plus actifs de la communauté des missions spécifiques et à transformer ainsi une partie de la communauté en un bataillon de militants formés et organisés. C’est ce qu’ont initié les démocrates américains, notamment Howard Dean et Joe Trippi, son manager de campagne, lors de la présidentielle en 2004. En axant  sa campagne autour des trois mots d’ordre d’autorité décentralisée, de leadership émergeant et de militant locaux investis de nouveaux pouvoirs, Howard Dean est parvenu à impliquer davantage sa base d’électeur, en mobilisant au-delà d’elle un électorat qui jusqu’alors n’avait pas le sentiment d’être entendu ni de pouvoir s’exprimer.

Dean and ObamaDepuis, la stratégie de Dean a fait école, reprise puis améliorée par d’autres démocrates, surtout Obama qui l’a ose au centre de sa campagne et élargie à d’autres domaines tels que la culture (des clips musicaux aux poster, la campagne Obama est sans doute celle qui aura suscité le plus de co-créations dans l’histoire des élections américaines). Au jour de son investiture, Obama disposait d’une base de 13 millions d’emails, avait reçu de l’argent de 2 millions de membres et d’une équipe de militants de 1.2 millions de personnes ayant formé plus de 20.000 personnes à l’organisation de communautés.

Le plus important sans doute dans l’approche d’Obama est la manitère dont sa gestion des communautés politiques s’inspire des principes démocratiques les plus élémentaires. A la fois promotrices et conceptrices du message politique qu’elles défendent, ces communautés ont le sentiment de partager à nouveau leurs idées et leur destin.

Référence :

1- ObeyGiant
2- Ryan Liza : “Battle plans: how Obama won”, The New Yorker, 17 novembre 2008

via Mathieu CHEREAU

Social Marketing en Tunisie : le Galaxy S4 by Tunisiana


En Tunisie, on parle de 3.7 millions d’utilisateurs actifs sur Facebook, et la majorité sont des jeunes (entre 15 et 35 ans). Nous avons commencé à voir un vrai travail d’e-branding des grandes marques finalement !

Après la campagne “ta7li Ejben” de Délice Tunisie, Tunisiana fût le premier opérateur téléphonique à faire des vidéos (pseudo spots) sur le Samsung Galaxy S4 destinées au Websphère tunisien.

Est-ce une bonne stratégie ? Et ça avait de bons résultats ?

1- La stratégie

Le Samsung Galaxy S4 est un SmartPhone commercialisé par les 3 opérateurs téléphoniques en Tunisie. Pour se distinguer, il fallait faire un branding plus remarquable, plus attirant et satisfaisant les différents éfacteurs de réussite du marketing !

1.1- Marketing Classique

De point de vue marketing classique, pour maximiser le ROI il faut satisfaire les 4 valeurs “P” du marketing traditionnel : Prix, Produit, Publicité et Place.

Produit :

Le Galaxy S4 est sans doute le Smartphone de l’année au monde : plus que 10 millions de pièces vendues en un mois (record), le produit Pioneer en terme de puissance et nouvelles fonctionnalités, le produit High-Tech le plus discuté sur les réseaux sociaux (twitter surtout) et définitivement le SmartPhone le plus attendu par les tunisiens en cette année. Bref, un produit qui “mérite” le marketing.

Place :

Le Galaxy S4 est un produit High-Tech avec une vraie évolution au niveau des fonctionnalités destinées au grand public. Pour un tel smartphone, la première cible ne peut être que les jeunes plus ou moins branchés sur les technologies, ou, concrètement, sur les réseaux sociaux. Alors, le choix de miser sur les réseaux sociaux par un spot dédié est bien justifié. La portée d’un tel chemin est bien évidente : viser les 40% des tunisiens qui sont sur les réseaux sociaux où on trouve les jeunes technophiles qui sont la première cible d’un tel produit !

Prix :

Le SmartPhone en question est sans doute assez cher pour le grand public tunisien (1500 TND, SMIG x 5). Alors il fallait choisir une façon plus commerciale pour annoncer le prix. Tunisiana, à travers ses spots, elle a choisi d’annoncer le prix de réservation du SmartPhone au premier plan au lieu du prix final de la vente. “Acheter GS4 à partir de 299 TND” était un bon message pour accompagner la publicité.

Et là, on définit comment ça va être la Publicité :

Etant donné les 3 premières valeurs :

  • Prix annoncé au premier plan = SMIG
  • Place = Réseaux sociaux pour chasser les jeunes
  • Produit = plein de nouvelles fonctionnalités

De plus, la Publicité fallait qu’elle soit :

  • Pour jeunes : funny, dynamique
  • mettant en avant les nouvelles fonctionnalités du device : le mieux est que chacune soit présentée à part
  • Optimisée pour les réseaux sociaux : incitant l’utilisateur à interagir, brève et tout en annonçant seulement un Prix “acceptable” par le public visé.

Pour ce faire, et puisque on entre au cercle des réseaux sociaux, la campagne de Tunisiana devait aussi satisfaire les différentes valeurs du Marketing sur les réseaux sociaux, plus connu sous le nom “Social Marketing“.

1.2- Social Marketing

Dans Social Marketing notre cible s’appelle “la communauté” et les valeurs les plus importantes sont : proximité (par rapport à la communauté), perception (engager le fan) et participation (le fan participe dans le marketing et le partage à sa façon). Pour ce faire, le mieux étaient de choisir à chaque fois une seule fonctionnalité à présenter. Alors, on a :

Proximité : pour une cible jeune et high-tech, la pub décrirait une fonctionnalité compliquée de traduction (capture de voix ou message saisi en entrée) d’une façon souple et attirante. Et pour un tunisien, la bouffe et les filles sont les plus attractifs !
Participation : que tout le monde “aime”, “commente” et “partage” sur les réseaux sociaux : donc qu’elle soit spontanée ferait toujours le choix le plus sage des social marketeurs. Une telle pub pourrait être visualisée par n’importe quel membre de la communauté en fin de journée et l’incite à interagir avec.
Perception : pousser le fan à croire que c’est LE smartphone à acheter : en multipliant les spots du teasing.

2- Le résultat

Voilà on a des vidéos téléchargées sur Youtube, partagées régulièrement sur les différents canaux sociaux, couplant une fonctionnalité du produit avec un aspect attirant pour la société tunisienne.

La première vidéo (Ojja + “no touch answer”) a eu 20k vues sur YouTube en une semaine, quelques dizaines d’interaction sur facebook, et quasi-absence d’interaction sur twitter.

La deuxième vidéo (fille japonaise + S Translator) a vraiment buzzé :

  • Youtube : 60k vues après 48h (un record tunisien),  dizaines de commentaires, plus que 100 “likes”, likes = 10 x dislikes,
  • Facebook : des milliers de “Likes”, des grandes pages ont repris la vidéo(page 1, page 2 et page 3), des dizaines de commentaires sur chacune des vidéos copiées, des ceintaines de “likes” sur chaque vidéo copiée, et des centaines de partages
  • Twitter : non seulement des dizaines de tweets “secs” de partage, mais des dizaines de commentaires avec des hashtags et liens de la vidéo sur Youtube
  • Boutique en-ligne de Tunisiana, rupture de stock sur le Galaxy S4 après 3 jours

(cliquez sur les images et défilez)

3- Les critiques du public

Les critiques sont venues principalement de quelques professionnels en Marketing ou en réalisation audiovisuelle : niveau technique, traitement, message et qualité ont été tous “médiocres” selon plusieurs.

Pour y répondre, Marwen BEN MESSAOUD, responsable du web-marketing de Tunisiana s’exprime :

“c’est pas vraiment un spot, c’est une vidéo destinée au Web comme des dizaines sont lancées par mois. Sauf que celle-ci fait 50 000 vues en 24h et du coup s’est fait un peu trop connaitre par rapport à sa qualité. Faut pas la comparer à des spots TV qui coûtent 20 fois plus chers, faut la remettre dans le contexte. Par exemple, notre concurrent a fait une vidéo avec une conseillère qui teste le téléphone, comme la vidéo est destinée pour le web, ils l’ont réalisé avec un 5D et un plan fixe, et y a aucun souci.
Si tu regardes les commentaires sur Youtube, ils sont tous positifs, les likes sont 10 fois supérieurs aux dislikes et c’est la vidéo qui a été la plus visionnée de notre channel. Donc si techniquement ça bloque chez les professionnels du métier, l’objectif est atteint pour les 99% de la population restante.”

Bref, ça répond à tout ! Ce n’est pas une pub à juger classiquement : les objectifs sont 2.0 et bien atteints. Aujourd’hui, des pages qui copient sur fb, des milliers de partage et des milliers de “lol” et “blida” et “taw nchoufouk chta3mel ki yti7lek charge”!

A la fin !

Aujourd’hui, deux opérateurs ont fait de la publicité pour commercialiser le Galaxy S4. Le premier (Orange Tunisie) a dépensé un bon budget pour faire des affiches “standards” et pour le grand public dans les rues et des vidéos faites par des spécialistes sur sa chaîne DailyMotion. Le deuxième (Tunisiana), a engagé une boîte de communication Y-generation et innovante (Kanacrunch) pour produire quelques vidéos low-cost pour une cible bien déterminées (jeunes sur les réseaux sociaux). Bref, pour les tunisiens qui sont au courant de l’existence du produit chez les opérateurs, 3 tunisiens sur 5 pensent à Tunisiana seulement pour acheter le S4 et 2/5 pensent à Orange et Tunisiana ensemble. (j’ai fait un petit sondage et ce ne sont que mes estimations).